Siux Electra Pro 26 - Analyse technique
L'Electra Pro est la raquette de Franco Stupaczuk et occupe une place intéressante au sein de la gamme Siux 2026 : plus rigide que les modèles polyvalents et moins extrême que la Fenix Pro. Sur le papier, c’est la zone intermédiaire classique où beaucoup de raquettes échouent, car elles ne parviennent finalement à exceller dans aucun des deux domaines. Ce n’est pas le cas ici, et cela s’explique par la combinaison d’un noyau rigide et d’une forme qui vient l’adoucir. Conclusion succincte d’emblée : il s’agit d’une raquette offensive dotée d’un profil en goutte modéré qui vous aide à prolonger les échanges.
Ce qu’indique la balance
L'exemplaire testé pèse 370 grammes à la sortie de la boîte, avec un centre de gravité situé à 26,5 centimètres. Les spécifications du fabricant indiquent un poids compris entre 355 et 375 grammes ; cet exemplaire se situe donc dans la partie supérieure de cette fourchette. Siux propose effectivement toute cette gamme, ce qui signifie que la raquette que vous recevrez pourra être vingt grammes plus légère que celle qui a été pesée ici.
Cela rend la comparaison avec d’autres raquettes moins fiable qu’elle ne le paraît. Avec un écart de vingt grammes au sein d’un même modèle, la différence entre deux Electra Pro est plus importante que celle entre une Electra Pro et le modèle voisin. Si vous lisez quelque part que cette raquette est étonnamment maniable compte tenu de la puissance qu’elle délivre, cela vaut probablement pour cet exemplaire précis. Demandez son poids en magasin lors de l’achat, ou pesez-la vous-même. Et il est toujours possible d’ajuster la raquette, car les amortisseurs ShockOut vous offrent un moyen simple de modifier son poids et son équilibre.
Le cœur : EVA dur
L’Electra Pro est dotée d’un noyau en EVA dur, et c’est ce noyau qui détermine davantage le caractère de cette raquette que sa forme. Un noyau dur se déforme moins à l’impact, ce qui fait que la balle reste moins longtemps sur la face. Cela se traduit par une réponse sèche et directe, ainsi qu’une projection rapide de la balle dès que vous mettez de la vitesse. Le revers de la médaille découle de cette même caractéristique : ce qui se déforme peu ne renvoie que peu d’énergie. Ainsi, lors d’un coup passif ou précipité, vous obtenez exactement ce que vous y mettez.
Le tamis, et pourquoi le nombre de « K » en dit moins long que ne le suggère l’emballage
Le tamis est composé de carbone 12K. Ce chiffre « K » indique simplement le nombre de milliers de filaments contenus dans un faisceau, et rien de plus. La rigidité finale du stratifié dépend du sens de tissage, du nombre de couches, de la proportion de résine et de la manière dont le tamis est assemblé sur le cadre. Une lame 3K peut donc s’avérer plus rigide qu’une lame 15K, et dans une même configuration, c’est parfois l’inverse qui se produit. Ce chiffre ne permet pas de prédire le sens.
Ce que vous pouvez toutefois constater, c’est ce que vous ressentez, à savoir une lame rigide et peu souple qui renforce la dureté du noyau au lieu de la compenser.
Forme de la lame et point d’équilibre
L’Electra Pro présente une forme en goutte d’eau légèrement arrondie à la tête. Le sweet spot est donc plus haut qu’avec une raquette ronde, mais nettement plus bas qu’avec une forme en diamant. En pratique, on obtient une zone de frappe située légèrement au-dessus du centre du tamis et qui s’étend assez bas. Cela explique pourquoi cette raquette tient mieux la route en échange que ne le laisse supposer son noyau.
Avec ses 26,5 centimètres pour 370 grammes, il ne faut toutefois plus la considérer comme une raquette à équilibre central. Sur le papier, 26,5 centimètres se situent au milieu de l'échelle, mais celle-ci est basée sur une raquette d'environ 360 grammes. Dix grammes supplémentaires, répartis sur la même surface de raquette, augmentent le swingweight sans que le point d’équilibre ne bouge d’un millimètre. C’est exactement pour cela qu’il faut toujours considérer ensemble le point d’équilibre et le poids.
Réglage avec les amortisseurs
Siux ne livre plus ses raquettes d’usine avec des amortisseurs ShockOut intégrés dans le tamis. C’est dommage, car ce sont ces petits embouts en caoutchouc que l’on enfonce dans les trous du tamis, et ils sont disponibles séparément. Ils remplissent deux fonctions à la fois. Le premier est l’amortissement : ils absorbent une partie des vibrations de la face, ce qui soulage le bras. Le second est le réglage, et on en fait trop peu usage. Avec 0,9 gramme chacun, un seul amortisseur ne modifie pratiquement pas le poids total, mais ce n’est pas le poids qui importe. Ce qui compte, c’est l’emplacement de ce poids. La masse que vous placez haut dans la lame est plus éloignée de votre poignet, et sa contribution à la masse d'oscillation augmente avec le carré de cette distance. Un demi-gramme placé en haut pèse donc plus lourd dans le mouvement qu'un demi-gramme identique situé juste au-dessus de la ligne médiane.
